Blockchain, Santé et Épidémie : la technologie face aux enjeux des Nouvelles Crises Sanitaires

10 ans après l’émergence de Bitcoin et la révélation du premier cas d’usage de la Blockchain, cette technologie continue à générer bien des incompréhensions, voire de la virulence dans les débats. D’un côté, les chantres d’une blockchain incarnant une forme de panacée ultime à tous les malheurs du monde. De l’autre, tout aussi véhéments ceux qui ne voient en la chaîne de bloc qu’une simple base de données distribuée premium.


Comme souvent en pareil cas, la vérité se trouve dans la pondération. Si personne en réalité ne soutient plus aujourd’hui que la blockchain ne serait qu’une mode, les « blockchain-maximalists » se font également de plus en plus rares à mesure que la technologie trouve une place naturelle aux côtés d’autres innovations de ruptures pour dessiner l’environnement tech de demain.

Ainsi, la blockchainse retrouve elle progressivement à sa juste place, celle d’un outils performant, dont la dimension « couteau suisse » lui ouvre de larges potentiels, prêts à l’emmener bien loin de l’écosystème des cryptomonnaies qui l’a vu naître et commencer à croître.

Aujourd’hui TheCoinTribune accueille le point de vue de Cédric Dubuq, avocat spécialisé Blockchain qui a couvert de nombreuses ICO et travaillé de manière extensive sur la problématique Blockchain et Santé. Cédric nous apporte son éclairage sur les apports potentiels de la technologie Blockchain dans le domaine de la santé pour améliorer les structures, les process et surtout la réactivité des acteurs du secteur, dans un nouveau contexte de pandémie récurrente qui s’impose à nous dorénavant.

Cédric Dubucq Avocats

Pandémie du COVID-19, une crise nouvelle qui appelle des solutions nouvelles

De mémoire d’homme, jamais auparavant, nous n’avions dû supporter de telles mesures liberticides en tant de paix, que lors de la crise sanitaire du Covid-19. Les anciens se rappelleront des heures sombres de la Seconde Guerre mondiale tandis que les épidémiologistes nous sermonneront que c’était à prévoir.

Soit, c’est arrivé. Notre devoir à tous, c’est aujourd’hui de prévenir le prochain cas de pandémie et pour cela, il est indispensable de concentrer les efforts, les recherches et les moyens. Ainsi intervient la blockchain, outil révolutionnaire prêt à répondre aux enjeux de notre temps.

En matière de santé, les utilisations potentielles de la blockchain sont multiples. Elle pourra ainsi intervenir à différents stades de la crise, de la prévention à la gestion, en passant par les dérives potentielles nées à sa suite.

La blockchain dans l’anticipation de la crise

L’intérêt de la blockchain va être triple en amont d’une éventuelle crise sanitaire. Elle va intervenir afin d’accélérer et garantir le processus d’authentification des médicaments, créer des consortiums de réflexion afin de faire progresser la recherche ou encore améliorer l’interopérabilité des acteurs du monde de la santé.

Blockchain et médicaments : lutter contre la fraude

L’utilisation de la blockchain, en matière pharmaceutique, va être cruciale. En effet, les enjeux induits sont nombreux. Selon l’OMS, le marché des faux médicaments génère entre 120 et 160 milliards d’euros par an. Un médicament sur 10 est contrefait. Cela peut monter jusqu’à 7 médicaments sur 10 en Afrique. C’est un véritable fléau à l’échelle mondiale. Face à ce défi, comment la blockchain pourrait-elle intervenir ?

Blockchain, une option solide contre les faux médicaments

La traçabilité est la clef. De la production à l’utilisation, voire au recyclage du produit, toutes les modifications opérées seront inscrites dans un registre global distribué. Ainsi, il existera une preuve irréfutable que tous les acteurs concernés ont été mis au courant de la nouvelle donnée ou de la donnée modifiée.

Cela redonnera confiance dans le produit, dans son authenticité. Tous les protagonistes de la supply chain pharmaceutique seront alors en capacité de vérifier la provenance et l’intégrité des médicaments.

De la même façon, il est envisageable d’utiliser une blockchain pour stocker les preuves d’existence de documents. Cela serait envisageable pour les ordonnances médicales, qui sont aujourd’hui sujettes à des fraudes. Grâce à la blockchain, les pharmaciens pourraient ainsi vérifier l’authenticité des ordonnances qui leur sont présentées.

Blockchain et recherche : dynamiser la réflexion

Le domaine pharmaceutique est concurrentiel quand le monde médical, lui, nécessite de la coopération. Ici s’affronte intérêt économique et intérêt général. Dans le sens de ce dernier, il semble impératif que toutes les entités médicales au monde puissent travailler à l’unisson car, on l’a vu, les manquements d’un pays, en matière sanitaire, ont des conséquences sur tous les autres.

Dans cet effort commun, la création d’un système de recherche combinant collaboration et efficience apparaît comme indispensable. Tout chercheur pourra, via l’utilisation d’une blockchain, partager ses recherches afin de recevoir remarques et suggestions d’autres professionnels.

En parallèle, un chercheur travaillant sur un projet similaire pourra alors partager ses données avec celles déjà transmises. Se créeront alors des connexions qui auraient étaient impossibles auparavant, encourageant la formation de cercles vertueux. De plus, les chercheurs collaborant pourront reconnaître la participation de chacun et percevront alors un montant à la hauteur du travail effectué.

Blockchain et communication : améliorer l’interopérabilité des acteurs

150 000 vies et 18,6 milliards de $ par an. Ce sont les pertes humaines et financières liées au manque de standardisation des différents acteurs de la e-santé dans le monde.

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Cette standardisation des données est l’argument-clé s’agissant du développement d’une blockchain dans ce secteur. Il deviendrait ainsi envisageable de relier tous les acteurs du monde de la santé de l’hôpital au patient, en passant par les compagnies d’assurances ou les laboratoires. Tous auraient accès au dossier médical mais aussi à l’imagerie ou aux données de vie réelle en un clic, au-delà des disparités géographiques.

Le développement de cette dynamique permettrait de traiter avec une efficacité toujours plus importante les cas d’urgence notamment. L’urgentiste aurait alors accès à toutes les informations nécessaires : groupe sanguin, allergies, traitements récents ou en cours, grossesse…

Ce mécanisme a été adopté par l’Estonie depuis 2017. De fait, 97% des estoniens utilisent à ce jour une « carte d’identité digitale », centralisant un dossier médical électronique utilisable par tous les intervenant au niveau national (on en avait d’ailleurs discuté au moment d’étudier les potentialités de l’identité 3.0, domaine ou l’Estonie est particulièrement à la pointe).

Ces données subjectives sont couplées à des données nationales, disponibles sur les services du gouvernement. Il s’agit d’un dispositif des plus efficients pour suivre les marqueurs en matière de santé, tracker les épidémies et adapter les ressources de santé à bon escient. Ceci explique peut être leur taux de mortalité inférieur à 2% de contaminés lors de la crise du COVID-19…

Pour autant, malgré la mise en place de tous ces dispositifs, nous ne sommes pas à l’abri du développement d’un virus totalement nouveau, laissant pantois les meilleurs scientifiques du monde. A ce moment-là, il faudra agir et, une fois encore, nous devrons faire confiance à la technologie pour sauver des vies

La blockchain dans la gestion de la crise sanitaire

La nouveauté d’un virus suppose la mise en œuvre d’un traitement le plus rapidement possible. Pour cela, la complexité de la médecine nécessite de faire des tests à grande échelle afin de s’assurer de la viabilité de la solution proposée. C’est ce que l’on appelle plus communément des essais cliniques.

La blockchain pourrait ainsi avoir un rôle déterminant dans leur tenue dans les prochaines années. De plus, les assurances pourront indemniser de manière directe leurs clients dans ce contexte particulier de crise via des smarts contracts. L’apport de sécurité de la blockchain dans le milieu médical s’inscrira alors à terme comme un garant dans la lutte contre les dérives potentielles.

Blockchain, santé et essais cliniques : tester pour soigner au plus vite

Comme précédemment évoqué, la blockchain est un outil conjuguant communication et inviolabilité. On comprend ainsi aisément son potentiel pour mener des essais cliniques de grande ampleur, dans des pays différents, au gré de la diffusion de l’épidémie.

On injecte ainsi une dose de confiance et de transparence entre le patient et le médecin. Le premier verra sa vie privée respectée quand le second pourra transmettre des informations de santé strictement confidentielles. C’est en ce sens que Sanofi, 3e groupe mondial en termes de santé, a commandé de nombreux rapports d’experts sur le sujet.

L’intérêt de SANOFI pour la blockchain se fait plus évident.

L’intérêt en la matière dépasse toutefois celui du simple cadre de crise. Pour les maladies rares, dont les patients sont peu nombreux, il deviendrait alors possible de mutualiser les données d’analyse et donc, une nouvelle fois, de créer une entreprise dans les recherches. Dans un registre autre, la Corée du Sud a exploité une blockchain afin de faire des études sur les bienfaits du chanvre médical. La drogue étant particulièrement taboue dans les sociétés orientales, ces essais ont permis aux chercheurs de mener à bien leurs recherches tout en garantissant l’anonymat des consommateurs.

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Blockchain et assurances : rembourser pour rassurer

Le milieu des assurances est d’ores et déjà au fait des smarts contracts, en particulier dans le domaine (beaucoup trop important) des retards et annulations des vols des compagnies aériennes. Mais dans le milieu de la santé, cette technique n’est pas encore exploitée, du moins pas de manière optimale.

Pourtant, le critère économique de la santé est central dans la gestion de l’épidémie. La mise en place de programmes automatisés à exécution automatique garantirait le remboursement immédiat des soins infirmiers, sans avance d’argent. Il s’agirait là, de la forme la plus aboutie de notre système de sécurité sociale déjà exemplaire. En évitant au malade, subissant d’une part la situation de récession économique globale et d’autre part ses potentielles difficultés, des complexités inutiles et coûteuses, les organismes d’assurances joueraient ainsi un rôle essentiel dans la sauvegarde de pouvoir d’achat et donc dans l’anticipation de la crise économique suivant la crise sanitaire.

Blockchain et gestion des données génétiques : anticiper les dérives potentielles

A ce jour, bien que l’on ne le sache pas forcément, la gestion de nos données génétiques ne nous appartient pas. Celles-ci sont la pleine propriété du laboratoire qui procède au décodage du génome et non à la personne prélevée. Et ceci pose problème car nous connaissons l’impact et le poids qu’ont les datas dans notre monde.

La blockchain pour mieux sécuriser nos données génétiques

Alors que l’on a tous en tête les récentes frasques de Cambridge Analytica et que les plus grands experts tentent de créer une sorte de nouveau « contrat social numérique », nous avons tendance à oublier que nos données sont partout, bien au-delà de notre identité d’utilisateur et de consommateur.

La mise en place d’une architecture blockchain, apte à sécuriser notre identité, permettrait alors d’anticiper toute crise potentielle en lien avec la fuite de données personnelles.

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On le constate, en matière de santé du quotidien ou de gestion de pandémie inédite, la blockchain est irrémédiablement la solution de sécurité et de confiance nécessaire à notre siècle. Même si certains vous proposent déjà d’échanger vos génomes contre quelques tokens…

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