EOS, « l’Ethereum Killer», vraiment ?

EOS, ethereum killer ?

Initialement présenté comme l’Ethereum Killer lors de son ICO, EOS n’a de cesse de voir les projecteurs se braquer sur lui, et pas pour les meilleures raisons. Trop centralisée, faussement démocratique et pas franchement sécurisée d’après ses détracteurs, la blockchain EOS  a déjà été victime de nombreux hacks. Comment ce projet mené par Daniel Larimer, le « papa» de BitShares, Steemit et du protocole DPoS a-t-il pu en arriver là ? Retour sur l’histoire de ce projet supposé permettre l’avènement de la blockchain 3.0.

Un projet poussé par de grandes ambitions 

Ethereum avec ses smarts contracts a donné naissance au concept théorique de blockchain 2.0. Bien que Ethereum soit une des blockchains les plus connues, celle-ci reste relativement peu utilisée dans le cadre des transactions rapides à faible coût. Cette lenteur s’explique par sa faible scalabilité (capacité à passer à une échelle plus importante) due à son algorithme de consensus Proof Of Work (PoW).

Conscients que l’adoption globale de la Blockchain aura lieu lorsque celle-ci sera simple d’accès, non énergivore et scalable, de nombreux projets planchent sur ces sujets, stratégiques s’il en est.

C’est ainsi avec le souhait de devenir la plus grande blockchain décentralisée au monde que l’ICO du projet EOS voit le jour.

Une ICO peu commune

Lancé le 26 juin 2017, par le biais de l’entreprise block.one, l’ICO d’EOS ne s’achèvera pas dans les 2 mois suivants comme il était fréquent à cette époque, mais près de 1 an plus tard ! Le 1er juin 2018, EOS obtient le titre envié (et toujours pas égalé) de plus grosse ICO de tous les temps avec près de 4 milliards de dollars de récoltés.  La blockchain du projet est lancée deux semaines plus tard le 14 juin.

L’objectif EOS 

EOS se présente comme un projet polyvalent  accessible à tous le monde. 

L’utilisateur moyen n’ayant aucune raison de passer par une technologie plus lente que celle qu’il utilise déjà, il est inconcevable d’avoir une scalabilité inférieure au système bancaire en vigueur. 

En se passant de l’algorithme de consensus classique des blockchain 1.0 et 2.0 et en optant pour l’utilisation du Delegated Proof of Stake (DPoS), EOS revendique pouvoir réaliser près de 1 million de transactions par seconde. Cette rapidité s’explique par le faible nombre d’acteurs (21 délégués) devant valider les blocs contenant les différentes transactions. 

L’algorithme DPoS en étant moins énergivore, est supposé permettre une adoption plus facile de la Blockchain « classqiue », qui se heurte quotidiennement à la question de la gestion de son énergie. EOS se place du côté des développeurs en acceptant de nombreux langages de programmation et en permettant une personnalisation poussée des smarts contracts. 

L’Ethereum Killer se  place également du côté de l’utilisateur novice en supprimant les mécaniques complexes d’Ethereum que sont le Gas, le GWEI et la gestion des fees

A ce stade, il est utile de rappeler qu’aujourd’hui de nombreuses personnes sont « crypto-phobes» pour deux raisons :  

  • Elles ne comprennent pas la signification des chiffres et des lettres ésotériques qui composent leur wallet.
  • Elles sont effrayées à l’idée de perdre leurs identifiants et de ne pouvoir les demander à nouveau à un employé.

EOS règle ces deux problèmes grâce à la création de wallet avec un identifiant ancré dans notre réalité et la possibilité de récupérer ses clés privées en cas de perte. Une blockchain avec tant de pouvoir, impose de grandes responsabilités et donc une équipe solide. Est-ce le cas pour notre Ethereum Killer ? 

L’équipe/les visages emblématiques derrière le projet

Contrairement à de nombreux projets, la team d’EOS dispose de membres disposant d’un crypto-background solide. Les deux membres les plus importants sont sans aucun doute les co-fondateurs d’EOS : 

  • Brendan Blumer, early investor dans la blockchain et  fondateur de nombreuses entreprises telles que okay.com, un des plus grand site web de l’immobilier de luxe de hong kong.
  • Daniel Larimer, membre très estimé de la communauté crypto, il est connu pour être le fondateur de Bitshares un des plus anciens exchanges décentralisés, et du réseau social Steemit et de sa crypto-monnaie le STEEM, que nous aborderons dans un autre article. Il est également l’inventeur de l’algorithme de consensus Delegated Proof of Stake (DPoS), utilisé par la blockchain EOS.

Ces deux personnes portent le projet et permettent en partie d’expliquer le montant levé lors de l’ICO d’EOS.

Potentiel de disruption

Comme nous avons pu le voir, EOS, fier représentant de la blockchain 3.0, pourrait récupérer sous peu la couronne de la reine Ethereum.

Supprimant les éléments superflus pour les néophytes, EOS facilite l’adoption de la Blockchain. Lors de la publication d’un projet sur la blockchain EOS, les développeurs sont également amenés à publier un « ricardian contract ». Ce contrat est une version lisible en anglais du projet, permettant ainsi à l’ensemble des utilisateurs de comprendre ses tenants et aboutissants. En ces temps de régulation, orchestrée par des individus n’ayant pas les connaissances adéquates, une telle initiative est louable. 

Néanmoins si le projet semble séduisant sur le papier, difficile de passer sous silence certains défauts gênants (et même carrément rédhibitoires selon les critiques les plus virulents !).

Ainsi, si la blockchain EOS est indéniablement plus rapide grâce à son architecture, sa sécurité s’en trouve diminuée et sa centralisation augmentée, conformément aux principes établis par le trilemme des blockchains. Nous avons ainsi assisté à des hacks de plusieurs centaines de milliers de dollars au cours des derniers mois. De plus, loin du million de transactions annoncés, infrastructure ne peut actuellement supporter que 4000 transactions, et encore dans des conditions bien précises.

Alors même que 21 acteurs sont qualifiés pour ajouter les blocs à la blockchain EOS, il est facile d’envisager une corruption plus simple du système. Les délégués recevant des récompenses destinées à devenir de plus en plus conséquentes au fil du temps et de la prise de valeur des coins EOS, désirent rester au pouvoir. Une fois au pouvoir, ces derniers peuvent décider de bloquer des utilisateurs pour les raisons de leur choix sans avoir besoin de consulter la communauté. Pouvons-nous objectivement dans ces conditions affirmer sans rire que la blockchain EOS est démocratique ? 

Comme nous avons pu le voir, la team d’EOS est certes expérimentée, mais Daniel Larimer  ayant quitté nombre de projets en route, et  promis monts et merveilles par le passé, est devenu une sorte de Peter Molyneux de la crypto. 

Abonnez-vous gratuitement
Rejoignez notre communauté de passionnés du Bitcoin et des crypto-monnaies

Où acheter des coins EOS ? 

Avec un volume de près de 3 milliards de dollars, un listing sur plus de 400 exchanges et un ranking à la 7ème place sur coinmarketcap.com, il vous sera facile de vous procurer des EOS. 

Si vous  désirez acheter de gros montants, il vous sera plus simple de passer par des exchanges tels que Coinbene, BKEK ou BW.com qui possèdent à eux seuls plus de 10% du volume d’échange. 

Si vous êtes un nouvel arrivant dans l’écosystème crypto et désirez acheter des EOS contre des euros ou des dollars, il sera préférable d’utiliser Kraken, CoinBase ou Bitfinex.

Si la Blockchain EOS se vante d’avoir tué Ethereum, la réalité est toute autre. Pleine de bonnes intentions théoriques, celle-ci souffre dans les faits de problèmes de sécurité et de transparence. Néanmoins, mieux vaut ne pas enterrer le prince trop vite et voir s’il arrivera dans les prochaines années, à monter sur le trône. 

Nouriel Ronbini pessimiste pour l’avenir d’Ethereum (ETH)

La valeur de l’Ethereum (ETH) a chuté de 90% en deçà de son pic historique de 1 400 USD. Nouriel Roubini alias Dr Doom n’a pas manqué de publier un tweet pour l’occasion. Pour Roubini, l’ETH est encore loin d’avoir atteint sa vraie valeur intrinsèque…

Moins cher, plus sûr et plus scalable, le Hard Fork d’Ethereum fera t-il exploser la valeur de l’ETH ?

C’est une année plutôt mitigée que connaît Ethereum (ETH) en termes de progrès. Le prix du jeton ETH n’a vraiment pas explosé après l'hiver crypto prolongé. Bien que le prix ait atteint un sommet annuel de 350 dollars, les gains ont néanmoins fondus comme neige au…

Virgil Griffith (Ethereum) sera poursuivi pour complot au profit de la Corée du Nord

Quelques jours à peine après son interpellation à l'aéroport international de Los Angeles, le scientifique œuvrant pour Ethereum, Virgil Griffith est passé devant un juge qui devait statuer sur de futures poursuites et son éventuel maintien en détention. Décision contrastée pour notre crypto-touriste de l'extrême…

Malgré la chute des prix, hausse constante des ETH investis dans la Finance Décentralisée (DeFi)

Le nombre d’ETH immobilisés sur des applications de finance décentralisée (DeFi) a atteint un record de 2,7 millions selon une plateforme de surveillance des activités de DeFi, DeFi Pulse. Ce chiffre est par ailleurs en constante augmentation depuis la fin du mois de juin. La…

Développeur Ethereum interpellé en Corée du Nord : Virgil GRIFFITH, espion ou nigaud ?

On l'apprenait il y a quelques heures à peine : l’interpellation par le FBI d’un jeune et brillantissime développeur de la Fondation Ethereum répondant au nom de Virgil Griffith. Jusque là rien qui vaille qu’on lève plus qu’un sourcil intrigué à cette annonce. Mais c’était sans…