La FED couve un Digital Dollar et le FMI un “New Bretton Woods”

Le gouverneur de la FED a fait référence pour la quatrième fois depuis le début de l’année au Digital Dollar : « si nous décidions de lancer un dollar digital international, le plus important est de ne pas le bâcler plutôt que d’être les premiers » a déclaré Jerome Powell en début de semaine. Des propos à mettre en parallèle à ceux du FMI qui s’intéresse de très près aux CBDC et effleure même l’idée d’un nouveau Bretton Woods…


CBDC (Central Bank Digital Currency)

« Nous sommes d’avis qu’il est plus important de bien faire les choses que d’être les premiers à le faire. Et bien faire les choses signifie examiner soigneusement les avantages mais aussi les risques liés au CBDC »

Powell lors d’une table ronde organisée par le Fonds Monétaire International (FMI)
FED, BIS, FMI, Powell, Carstens

Parmi ces risques potentiels, Powell a notamment parlé des cyberattaques, de la contrefaçon, de l’impact sur la politique monétaire, la préservation de la vie privée, etc.

Comme nous vous l’avions rapporté il y a peu ici, Powell a rappelé que la FED de Boston travaille actuellement sur un hypothétique Digital Dollar en collaboration avec le MIT (Massachusetts Institute of Technology). La création de ce CBDC reste “hypothétique” car les États-Unis sont en réalité plutôt sur la défensive, attendant de voir ce que la Chine va sortir de son chapeau…

L’empire du milieu a déclaré publiquement vouloir lancer un CBDC afin de réduire sa dépendance au système mondial de paiement en dollars. Un système double constitué d’une part du réseau SWIFT qui noyaute tous les transferts bancaires internationaux. Et d’autre part du pétrodollar qui empêche la Chine d’acheter du pétrole dans sa propre monnaie. Nous y reviendrons.

On voit mal pourquoi les États-Unis voudraient absolument lancer un CBDC étant donné que le dollar est déjà la monnaie internationale par excellence. On comprend toutefois très facilement pourquoi l’Iran s’arme jusqu’aux dents depuis de nombreuses années. En effet, lorsque la zone euro a obtenu de pouvoir payer le pétrole irakien en euros, les États-Unis ont détruit le pays (en faisant croire qu’il s’agissait de trouver des armes de destruction massive…). Les Européens ont pu empêcher la déconnexion de l’Irak du réseau SWIFT (qui est basé à Bruxelles) mais sont restés impuissants face au déploiement de l’armée américaine…

Le « New Bretton Woods moment » du FMI

L’institution enfantée à Bretton Woods s’intéresse de près à ces CBDC qui remettent en cause l’hégémonie du dollar. La nouvelle présidente du FMI, Kristalina Georgieva, a fait le teasing d’un nouveau Bretton Woods lors de son discours en plénière de l’assemblée annuelle du FMI.

Discours A New Bretton Woods Moment en entier (13 min) ICI

Pour rappel, la conférence de Bretton Woods (1944) avait instauré le Gold Standard. Il y fut décidé qu’une once d’or vaudrait 35 $. N’importe quel pays pouvait alors demander aux États-Unis d’échanger ses dollars contre de l’or. Ce système monétaire s’écroula en 1971 après que les demandes les nations européennes aient fait fondre les réserves d’or américaines de moitié. Nixon décida alors de suspendre la convertibilité du dollar en or et de le substituer dans la foulée par le « Pétrodollar Standard ». C’est-à-dire l’obligation pour le monde entier d’acheter son pétrole en dollar. Un coup géopolitique orchestré par Kissinger en prenant l’Arabie Saoudite en otage…

bretton woods
Conférence de Bretton Woods

La patronne du FMI a comparé la seconde guerre mondiale avec la crise Covid et l’écroulement économique qui s’ensuit (à cause du confinement). Le Covid n’a plus un dos mais une piste d’appontage de porte-avions…

Nous apprenons aussi que la dette publique des pays avancés va bondir cette année à 125 % du PIB, celle des pays en développement à 65 % et celle des pays pauvres à 50 %. Dans l’ensemble, le PIB mondial aura reculé de 4.4 % en 2020. Soit dit en passant, il s’agit là du même ordre de grandeur que la réduction des émissions globale de CO2, preuve que la croissance est parfaitement corrélée à la consommation d’énergies fossiles. Passons..

Great reset des dettes ? Jubilé ?

Parmi les déclarations intéressantes, notons que Kristalina Georgieva plaide pour une restructuration des dettes incessamment sou peu. Comprenez par « restructuration », l’effacement d’une partie des dettes. Ce que de nombreuses personnes réclament maintenant que les Banques Centrales en possèdent une bonne partie. Inutile de dire que cela va faciliter l’augmentation de la masse monétaire et donc de l’inflation. De bon augure pour le Bitcoin…

Autre point intéressant au milieu de cette soupe technocratique : “utiliser internet pour augmenter l’inclusion financière “. Cette expression est très en vogue ces derniers temps du côté de nombreuses Banques Centrales et notamment celle d’Inde. Elle est aussi la pierre angulaire du discours de l’Alliance « Better than Cash Alliance » créée par la fondation Bill & Mellinda Gates (article juteux ici)… Son but est de promouvoir la fin du cash et d’inciter les centaines de millions de paysans des pays en développement à ouvrir des comptes bancaires, première étape vers leur endettement et leur mise en esclavage… Des centaines de milliers de fermiers indiens ont déjà été forcés de vendre leurs terresMonsanto) après avoir été lessivés par des taux d’intérêt délirants…

La volonté d’Elon Musk de lancer des milliers de satellites internet prend ici tout son sens. Tout comme l’intention du FMI de multiplier par 10 ses prêts au monde entier (1100 milliards en tout) et son intérêt croissant pour le CBDC. Les pièces du puzzle commencent à se mettre en place…

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Que dit le FMI à propos des CBDC ?

Deux pontes du FMI, Tobias Adrian et Tommaso Mancini-Griffoli, ont déclaré fin septembre qu’un CBDC « synthétique », fruit d’une collaboration entre les secteurs publics et privés, est une meilleure option qu’un CBDC contrôlé uniquement par les banques centrales. Comprendre ici un mix de Digital Dollar et de Libra (Facebook)…

Les deux comparses plaident en faveur des stablecoins privés. Selon eux, l’un des « risques » (ou espoir…) serait que les monnaies de certains pays (faibles) s’en trouvent menacées :

« Dans les pays où l’inflation est élevée et les institutions faibles, les monnaies nationales pourraient être délaissées au profit de stablecoins adossés à des devises étrangères [dollar par exemple…]. Cela constituerait une nouvelle forme de “dollarisation” et pourrait compromettre la politique monétaire et la croissance économique de ces pays. »

Tobias Adrian et Tommaso Mancini-Griffoli

Un rapport du FMI plus récent, publié ce lundi, confirme ces « inquiétudes » en avançant que « les CBDC pourraient passer les frontières et remplacer des monnaies nationales dans leurs propres économies »…

Guerre des monnaies

Maintenant que nous avons dit tout ça, remettons les choses dans leur contexte qui est celui d’un affrontement géopolitique titanesque entre les couples Chine/Russie d’un côté et États-Unis/Europe de l’autre. C’est un fait que le monde occidental contrôle toujours le système monétaire international. Le dollar et l’euro représentent ensemble 80 % des réserves de change des Banques Centrales du monde entier :

FMI cofer data monnaies de reserve internationales
Source : COFER FMI

Ce qui n’est pas franchement du goût de la Chine qui veut internationaliser sa monnaie et notamment pouvoir acheter du pétrole iranien en yuan. Un « privilège » refusé à l’empire du milieu via la déconnexion des Perses du réseau de paiement international SWIFT. D’où le lancement du CBDC chinois qui est en réalité davantage un système de paiement international qu’une nouvelle monnaie, et encore moins une « cryptomonnaie ». Aucun CBDC n’est une cryptomonnaie, soyons clairs là-dessus.

La Chine a l’intention d’introduire le yuan chinois le long des nouvelles routes de la soie, de gré ou de force. Dans cette optique, et afin de contourner toute déconnexion du réseau SWIFT, le CBDC chinois a la particularité de pouvoir s’échanger de téléphone à téléphone, sans internet.

« Inclusion financière… »

Côté occidental, les aspirations sont probablement similaires en vue de conquérir de nouvelles contrées. Voici ce que déclarait un autre ponte du FMI en début d’année :

« Dans certains pays, le coût de la gestion des liquidités peut être très élevé en raison de la géographie, et l’accès au système de paiement peut ne pas être disponible pour la population non bancarisée, rurale ou pauvre ».

Tao Zhang, Directeur général adjoint FMI

Nous en revenons au projet Starlink de SpaceX qui entend mettre 12 000 satellites sur orbite d’ici 2025 et 42 000 en tout si on lui autorise. De quoi balayer les contrées les plus reculées pour étendre la main mise des Banquiers dans chaque recoin de la planète.

Le directeur du FMI a aussi évoqué l’augmentation de « l’inclusion financière » (encore cette expression) :

« Le CBDC peut fournir un moyen de paiement digital public sans exiger des individus qu’ils détiennent un compte bancaire », avait-t-il ajouté.

Étant donné que l’on imagine difficilement la Tanzanie ou le Zimbabwe lancer un CBDC… nous pouvons en conclure que le plan est effectivement de laisser des banques étrangères venir endetter les citoyens des pays pauvres aux quatre coins du monde. Et tant qu’on y est, pourquoi pas le FMI et ses 1000 milliards…

On sent bien que le CBDC attise des ambitions planétaires de part et d’autre de la muraille de Chine. Il n’y aura toutefois pas de « New Bretton Woods » mais une guerre sans merci pour le contrôle des systèmes de paiement.

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Concluons en rappelant que tous ces CBDC ne font nullement de l’ombre au Bitcoin. Aucun CBDC ne pourra se substituer à sa masse monétaire absolument fixe de 21 millions d’unités, ni son immense décentralisation à 145 Terahashes par seconde. L’augmentation de la masse monétaire globale, CBDC ou pas, sera un formidable moteur pour le Bitcoin.

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