La FED réfléchît à une Cryptomonnaie Bancaire, Bitcoin avance inexorablement

Un peu plus d’un an après la BCE, la FED de Philadelphie a publié son étude de faisabilité concernant l’introduction d’une « cryptomonnaie » de banque centrale. Le fameux CBDC (Central Bank Digital Currency)…Nous avons montré dans un papier précédent (à lire d’urgence si vous l’avez manqué) que le CBDC n’a rien à voir avec une cryptomonnaie (Bitcoin) et que les banques se servent de ce grossier amalgame pour tenter de mettre fin à l’argent liquide…


Thecointribune fait exactement le même constat après avoir lu ce papier de la FED qui, en plus d’arriver à la même conclusion que la BCE (CBDC incompatible avec le système bancaire moderne), fut également l’occasion pour ses auteurs de brouiller les pistes quant à la façon dont le système bancaire fonctionne réellement.

La FED

FED philadelphie CBDC

Voici un florilège des passages croustillants du papier :

« Les progrès récents dans les techniques de chiffrement et de registres distribués (pour ne pas dire Blockchain….) ont ouvert la porte à l’utilisation généralisée des monnaies numériques telles que Bitcoin, Ethereum et Libra. »

Précisons que Libra n’existe pas… Rappelons aussi qu’il s’agira d’un stable-coin adossé à des réserves composées à 50 % de dollar, 18 % d’euro, 14 % de Yen, 11 % de Sterling et 7 % de Dollar singapourien. Un Frankenstein monétaire fonctionnant de surcroit en Proof of Stake, sans mining… Du Shitcoin au carré pour dire les choses crûment. L’Ethereum n’est lui qu’une pâle imitation du Bitcoin… Bref, la FED mélange pêle-mêle des choux et des carottes pour générer sciemment un amalgame trompeur…

“Outre son rôle potentiel dans l’élimination de l’argent liquide, un CBDC […]”

La FED de Philadelphie dévoile son sombre dessein dès la huitième ligne de son torchon : faire disparaître le cash… Ainsi, alors que la BCE s’était montrée un tantinet plus pudique concernant la possibilité de supprimer le cash, la FED ne s’embarrasse pas et annonce clairement que le CBDC servira d’abord et avant tout à liquider le liquide. Dit autrement, supprimer la liberté fondamentale de payer de façon anonyme et de détenir tangiblement son argent.

« Par CBDC, nous faisons référence à une monnaie de banque centrale universelle, électronique, 24h/24h, […] et générant des intérêts. »

Les auteurs rassurent ici toute la caste des banquiers parasites en précisant qu’il ne s’agit pas de créer une monnaie libre de dette. Chaque CDBC proviendra d’une dette devant donc être remboursée contre intérêts. C’est tout de même la raison d’être des banquiers : endetter le monde entier pour le tenir en laisse et collecter les fruits de l’usure sur de l’argent créé ex nihilo…

Le Bitcoin, lui, n’est pas attaché à une dette. Il n’offre pas à des banquiers le privilège de collecter en permanence un loyer sur l’intégralité de l’argent en circulation dans l’économie. Des intérêts qui, soit dit en passant, obligent mécaniquement, mathématiquement, à générer des dettes toujours plus grandes et synonymes d’inflation, cet impôt déguisé.

« En juin 2018, les électeurs suisses ont refusé l’initiative du 100 % monnaie (monnaie pleine) qui aurait donné à la banque centrale un monopole sur l’émission monétaire, idée motivée en partie par la possibilité d’un CBDC suisse. »

Encore une belle déformation de la réalité puisque que l’initiative suisse 100 % monnaie n’a jamais mis en avant la fin du cash ou la création d’un « CBDC ». Le 100 % monnaie vise en réalité à détruire le système de réserve fractionnaire sur lequel repose le système bancaire moderne. C’est-à-dire le fait que les banques privées puissent prêter 30 fois plus de fausse monnaie qu’elles ne possèdent de monnaie centrale (la monnaie centrale étant une monnaie qui ne circule qu’entre banques et dont vous ne verrez jamais la couleur)

Le 100 % monnaie retirerait aux banques privées le droit de créer de l’argent ex nihilo (créer 30 euros quand elles en ont que 1 en caisse). Il obligerait les banques à emprunter auprès de la banque centrale 100 % de l’argent qu’elles re-prêtent ensuite à l’économie. Pour le dire autrement, les banques privées collecteraient 30 fois moins d’intérêts… Ces derniers seraient récupérés par la banque centrale. Or la banque centrale européenne doit reverser aux budgets des États absolument tous ses profits. Sympathique non ?

Dans le cas de la France, c’est environ 160 milliards d’euros que les banquiers engrangent en intérêts chaque année. Autant d’argent qui pourrait faire tourner les hôpitaux plutôt que d’offrir des Yachts aux banquiers.

« Peut-on réorganiser le système financier de façon à ce que le CBDC permette toujours le bon flux de fonds entre épargnants et investisseurs ? »

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Ce papier est décidément extrêmement insidieux. Le mythe du banquier prêtant aux uns l’épargne des autres est au système bancaire ce que la vie après la mort est aux religions. Le temple bancaire a besoin que nous croyons qu’ils ne sont que d’humbles intermédiaires entre riches et pauvres.

“Si la population comprenait le système bancaire, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin.”

Henry Ford

Ils voudraient vous faire croire que lorsque l’on emprunte 300 000 euros pour acheter une maison, non seulement cet argent provient d’un riche épargnant mais aussi que ces 300 000 euros ne sont plus disponibles pour personne. Vaste enfumage derrière lequel les banquiers dissimulent l’infamie qu’ils représentent…

Non, si tout le monde venait le même jour emprunter 300 000 euros, les banquiers pourraient fournir cet argent à tout le monde. La raison étant que les banques créent l’argent ex nihilo à chaque emprunt et que cet argent est détruit au fur et à mesure qu’il est remboursé. Le banquier se gardant toutefois de juteux intérêts, sinon à quoi bon…

« A chaque fois qu’une banque accorde un prêt, un nouveau crédit bancaire est créé. Ce sont de nouveaux dépôts, de l’argent entièrement nouveau. »

Graham F. Towers, Directeur de la banque du Canada de 1934 à 1955

« Un CBDC fera-t-il disparaître les bank-run et stabilisera-t-il le système financier ? »

La disparition du Cash aura de nombreux avantages et, pour ce qui concerne les banquiers, le plus important est d’empêcher les « bank-run ».

La richesse des banques est un trompe-l’œil car leur argent repose sur un système de réserves fractionnaires qui s’écroule lorsque tous les clients viennent retirer la fausse monnaie sous forme de vrais billets. Par exemple, à l’échelle de la Zone Euro, avec environ 17 000 milliards d’épargne et seulement 1334 milliards circulant sous forme de billets, en moyenne, seulement une personne sur 12 retrouverait son argent en cas de bank-run…

Les banques voient le CBDC comme un moyen de devenir immortelles. Rappelez-vous toujours que fut un temps où chaque banque imprimait ses propres billets. La première étape pour se protéger des bank-run fut d’obliger toutes les banques à adopter la même monnaie. Mais aujourd’hui, la quantité d’argent virtuel est devenue telle que les banques en sont à vouloir faire disparaître le cash pour se protéger…

« […] la banque centrale ne peut pas investir elle-même dans des projets à long terme. Cela en raison du fait que la banque centrale ne dispose pas d’une bonne technologie pour filtrer et surveiller les projets productifs. »

La FED de Philadelphie essaie ici de rassurer les banques privées qui craignent logiquement que les banques centrales, par le CBDC, planifient leur annihilation. [Ce qui serait une bonne nouvelle…]

C’est se moquer du monde que de dire qu’une banque centrale ne dispose pas d’une « bonne technologie pour filtrer les projets productifs ». En effet, dans 60 % des cas, les prêts sont de simples prêts immobiliers. Nous ne parlons pas d’investir dans un projet de fission nucléaire incluant une dizaine de pays et qui aboutira peut-être d’ici 50 ans. Nous parlons de 4 murs et un toit pour une personne disposant d’un salaire fixe et récurent.

Rappelons que le seul labeur d’un conseiller bancaire est d’entrer vos actifs dans l’ordinateur qui lui donne aussitôt le montant qu’il est autorisé à vous prêter. Une banque centrale ne pourrait pas le faire ?

Quelle mascarade ! D’ailleurs, la banque d’Angleterre, la « vieille Dame », doyenne des banques centrale, lorsqu’elle fut créée en 1694, ne se comportait-elle pas exactement comme une banque privée ? Pareil pour la First Bank of the United States, la second bank of of the United States (les deux tentatives de Banque Centrale avant la Federal Reserve) ou encore la Banco de Espana qui, avec sa cinquantaine de branches, accueillait en 1900 les ¾ des dépôts du pays…

Et puis, tant que nous y sommes, allons au fond du problème que la FED évite soigneusement de soulever : les intérêts !

Admettons que vous empruntiez 100 000 euros sur 30 ans au taux annuel de 4 %. Vous devrez alors rembourser 71 869 € d’intérêts en plus des 100 000 euros. Il vous faut donc quasiment payer une deuxième maison à des usuriers prêtant de l’argent qui n’existait pas avant que vous l’empruntiez. Enrichir des banquiers, est-ce vraiment ce modèle de société que nous voulons ? En définitive, ne serait-il pas plus simple d’avoir une seule grande banque publique ?

Certains, probablement atteints du syndrome de Stockholm, diront qu’il faut bien payer les employés de la banque et les infrastructures. D’autres prétexteront que la banque prend un risque etc. Foutaises. Depuis quand payons-nous 71 869 € pour envoyer une lettre à la poste ? Pourtant, le travail de l’employé de poste semble équivalent à celui de votre conseiller bancaire : tapoter sur un clavier d’ordinateur pour faire jaillir de la dette…

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Le reste du papier est un charabia mêlant théories économiques fumeuses saupoudrées de mathématiques (probabilités) pour effrayer le chaland et s’octroyer une légitimité inexistante. Le papier dans son ensemble est un ramassis de novlangue financière résultant de contorsions d’esprits tordus. Rien à voir avec la clarté du White paper du Bitcoin

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