L’Allemagne s’apprête à torpiller l’Euro – Bitcoin ronge son Frein

Le tribunal constitutionnel fédéral allemand a pris la planche à billets de la Banque Centrale Européenne en otage. Après l’Italie, c’est maintenant l’Allemagne qui menace de précipiter l’implosion de la Zone Euro. L’été sera chaud du côté de Francfort. Bitcoin attend patiemment son heure.


Karlsruhe

Les « juges de Karlsruhe », après cinq années de procédure, ont rendu un arrêt historique à l’encontre de la BCE. Cette dernière a jusqu’au début du mois d’août pour justifier ses achats d’obligations d’Etat, sans quoi la Cour constitutionnelle allemande interdira à la Bundesbank (banque centrale allemande) d’y participer…

juges de Karlsruhe

Ces « Achats d’obligations » sont plus connus sous le nom de « Quantitative Easing ». Expliquons clairement de quoi il s’agit avant de nous pencher sur les motivations des juges allemands :

Les Etats empruntent en permanence de l’argent auprès des banques commerciales. On dit dans le jargon qu’ils font « rouler » leur dette. C’est-à -dire qu’ils empruntent des sommes toujours plus grandes afin de rembourser les emprunts précédents plus les intérêts, dans un cycle sans fin.

Lorsqu’un État fait rouler sa dette, concrètement, il émet des « obligations ». C’est-à-dire des titres de dette stipulant que l’Etat s’engage à rembourser telle somme, plus des intérêts, à telle date.

Ce sont ces obligations que la BCE achète via son « Quantitative Easing ». Pour le dire autrement, la BCE crée de la monnaie ex nihilo et s’en sert pour racheter ces obligations aux banques commerciales.

Le but de la manœuvre est de faciliter le service de la dette afin de donner de l’air aux Etats.

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Jésus et le Banquier

Avant d’expliquer pourquoi la BCE cherche à diminuer le fardeau de la dette – au grand dam de l’Allemagne… – penchons-nous sur la racine du problème : les intérêts.

Nous avons dit que les Etats font « rouler » leur dette. C’est terrible car cela signifie que nos États accumulent des intérêts sur des intérêts. Et ça, c’est un processus mathématique absolument exponentiel qui s’apparente à ce que l’on appelle les intérêts composés.

Pour bien cerner ce que le mot « exponentiel » signifie, imaginez que Jésus le Christ, de son temps, ait emprunté 1 sesterce au « banquier » du coin. Et mettons que l’orfèvre de l’époque lui ait prêté ce sesterce au taux d’intérêt composé annuel de 2 %.

Ce qui se passe est enfantin : En l’an 1, Jésus doit au banquier 1 sesterce + 2 % = 1.02 euros. Puis, en l’an 2, le banquier va recalculer 2 % mais sur la somme de 1.02 sesterce. Jésus accumule des intérêts sur des intérêts. Chaque année, les intérêts de l’année précédente viennent s’ajouter à la somme de départ pour recalculer les intérêts dus.

Jésus et l’exponentiel

En ressuscitant aujourd’hui, deux millénaires plus tard, Jésus serait endetté à hauteur de 15 861 473 276 036 944 sesterces…Espérons qu’il se rappelle comment il a fait pour multiplier le pain et le poisson!

Remplaçons maintenant le taux de 2 % « offert » à Jésus dans le calcul par 1 % et 3 %.

Avec un taux de 1 %, la dette de Jésus aurait été 36 107 378 fois moins grande qu’avec un taux de 2 % (439 286 205 sesterces).

Avec 3 %, elle représenterait en revanche 47 255 178 755 826 900 000 000 000 sesterces. Soit une somme de 3 milliards de fois plus importante qu’avec un taux à 2 %.

Voilà un bel exemple de processus exponentiel. C’est-à-dire (pour les puristes), lorsqu’une variable est multipliée par une constante à intervalles réguliers.

Bien entendu, si le taux est abaissé à 0 % entre-temps, l’effet exponentiel disparaît. Avec un taux d’intérêt composé de seulement 0,1 %, la dette de Jésus n’aurait été que de 7,38 sesterces après 2 millénaires..!

Et c’est là que nous en revenons au Quantitative Easing. Ce dernier a pour but de maintenir les taux au plancher. C’est en rachetant les obligations que la BCE peut maintenir les taux proches de zéro afin que l’endettement des Etats ne parte pas en exponentiel.

Comique : BCE draghi Lagarde
Mario Draghi montre à Christine Lagarde la planche à billets (source : investing.com)

Le second effet bénéfique du Quantitative Easing est que les États se retrouvent à payer des intérêts à la BCE et non plus aux banques commerciales. Or la BCE doit reverser ses bénéfices aux États. Dit autrement, les Etats se versent des intérêts à eux-mêmes, et non plus à des actionnaires de banques privées.

Nein

Les Allemands sont contre le Quantitative Easing car ce sont eux les actionnaires de banques privées… Explication :

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Les teutons affichent un excédent commercial de près de 100 milliards par an vis-a-vis de leurs « partenaires » de la Zone Euro. (150 milliards vis-a-vis de l’ensemble de l’UE)

Ce déficit étant chronique, les banques des « pays du Sud » se retrouvent obligées d’emprunter de plus en plus auprès des banques allemandes. Ce déséquilibre peut être observé au travers des comptes TARGET II de la BCE.

Target2 zone euro
Comptes TARGET II
Ces comptes reflètent ce que se doivent les pays de la Zone Euro entre eux.

En d’autres termes, l’Allemagne prête de l’argent aux pays du Sud pour que ces derniers achètent ses produits. Il en découle que les Allemands collectent de plus en plus d’intérêts provenant des pays du Sud.

[Soit dit en passant, c’est grâce à cet excèdent commercial que le gouvernement Allemand n’a pas de déficit budgétaire. En effet, les impôts sont proportionnels aux énormes profits de ses entreprises exportatrices. Angela Merkel ne gère pas mieux son budget que les autres. Elle bénéficie simplement du fait que son pays partage la même monnaie avec d’autres pays qui s’endettent pour elle…]

La Zone Euro est un système de vases communicants. Un panier de crabes comprenant un gagnant (Allemagne) et des perdants. L’Euro aurait déjà explosé si la BCE n’avait pas lancé le Quantitative Easing.

Quantitative Easing

A ce jour, la Banque Centrale Européenne a racheté environ 20 % de toutes la dette des Etats de la Zone Euro. Dont ¼ de dette Allemande. Nous serons autour de 30 % d’ici la fin de l’année.

Cela fait donc d’énormes quantités d’intérêts qui ne tombent plus dans les poches des banquiers Allemands.

C’est dans ce contexte qu’il faut analyser l’aventurisme de la Cour de Karlsruhe. Cette dernière intime la BCE de s’expliquer et de démontrer que ses achats de dette ne sont pas « disproportionnés » auquel cas elle interdira à la Bundesbank de participer au QE. [Dans le cadre du QE, ce sont en réalité les banques centrales nationales qui rachètent les dettes de leurs propres pays, sous l’égide de la BCE.]

En brandissant le mot « proportionnalité », le tribunal allemand souligne deux points importants. Premièrement, le fait que la BCE rachète trop de dette italienne relativement à la place de l’Italie dans le capital de la BCE. En effet, la BCE est obligée de racheter de la dette proportionnellement à la clef de répartition. La BCE s’est justifiée en avançant que tout entrera dans l’ordre à la fin du QE…

Clef de repartition du capital de la BCE

Ce qui amène la Cour au deuxième point qui est de savoir quand est-ce que la BCE arrêtera de faire tourner la planche à billets ?

La BCE ne peut en théorie acheter que 33 % de chaque obligation. “En théorie” car ce niveau a déjà été augmenté par la BCE en 2015, passant de 25 % à 33 %

Chacun comprendra donc que, derrière cet arrêt, les juges allemands font monter la pression afin que la BCE ne rehausse pas cette “limite” de 33 %. Il s’agit de protéger cette digue pour brider le Quantitative Easing.

Et le Bitcoin dans tout ça ?

Le risque est que la Cour constitutionnelle allemande interdise à la Bundesbank de participer au QE. Si la Bundesbank obtempère, la BCE sera dans l’impossibilité de continuer ses achats de dette à cause de la règle de la clef de répartition.

Que ce passerait-il alors ? C’est très simple. Les taux d’emprunt de tous les pays de la zone euro exploseront en même temps que les profits des banquiers privés qui pourront de nouveau racketter les Etats (le contribuable) avec de gras intérêts.

Les gouvernements devront alors augmenter les impôts ou réduire les dépenses (austérité). Un destin à la grecque de mauvais augure pour l’Euro.

Rappelons que l’Italie a déjà dessiné les ébauches de ses nouveaux billets… Rendez-vous sur notre article sur lITALEXIT pour en savoir plus.

Le Bitcoin sortirait renforcé d’une explosion de l’Euro car ce dernier est la seconde monnaie internationale après le Dollar. La fin de la monnaie unique lui offrirait mécaniquement un peu plus de place pour briguer le trône de monnaie de réserve internationale.

La cryptomonnaie a tout à gagner chaque fois que le monde se souvient que les monnaies fiat, comme disait Voltaire, finissent toujours par retourner à leur valeur intrinsèque, c’est-à-dire zéro.

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Le fait de donner 3 mois à la BCE pour se justifier suggère que la Cour aboie plus qu’elle ne mord. Mais il faut s’attendre à des jours sombres pour la Zone Euro si les jugent allemands finissent par bloquer le QE. Laissons le mot de la fin à un ancien ministre néerlandais qui fut à la manœuvre lors de la création de l’Euro dans les années 1990 :

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