Le Bitcoin (BTC), monnaie de criminels ? Le cliché à l’épreuve des faits et des chiffres

Que ne l’a t’on pas entendu et ré-entendu : le Bitcoin, monnaie du “Darknet”, ou du “DeepWeb” – selon le niveau de lyrisme des commentateurs – servirait à financer le terrorisme, blanchir de l’argent, échanger de la drogue dans les recoins les moins recommandables d’Internet ! Ainsi, dans la psyché commune, la mère de toutes les cryptomonnaies demeure aujourd’hui encore associée à tous les maux.

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Une réputation sulfureuse..

Bien entendu, lorsque tonton Bertrand explique doctement à quel point le Bitcoin, il faut s’en méfier, il est rarement capable d’expliquer vraiment pourquoi sans que des choses sans liens réels ne s’emmêlent (l’anonymat “suspect” de son créateur, les piratages d’exchanges, les arnaques pyramidales se servant du Bitcoin comme du leurre idéal…). Difficile cependant d’en vouloir à ce bon Bernard dont la plus courageuse décision financière aura été de se débarrasser l’année dernière de ses actions Euro-tunnel : de BFM à TF1 on ne peut pas dire que les mass media dont il s’abreuve soit en la matière des sources fiables…

Rien d’étonnant à cela : Bitcoin et sa blockchain introduisent un tel changement de paradigme monétaire (comparable à l’émergence d’Internet ou de l’imprimerie, du point de vue de la fameuse “disruption”), que des phénomènes universels se déclenchent : résistance au changement, volonté d’interdire et de détruire, réactions de peur et de rejet, dont vous pourrez retrouver une idée des mécaniques par ici.

La réalité des faits

C’est dans une étude particulièrement documentée que dans son édition de mai 2019, la très sérieuse revue Review of Financial Studies, se penche sur les fintechs, la blockchain et les cryptomonnaies.

Dans ce contexte, au milieu de considération sur les potentiels et perspectives du secteur, la 3ème revue financière mondiale s’interroge : au-delà du fantasme et des clichés, dans quelles proportions Bitcoin est-il utilisé en tant que soutien à des activités illégales telles que le commerce illicite de drogues, de biens volés, d’armes ou de pornographie ?

La publication rappelle que répondre de manière fiable à cette question est essentiel à au moins 3 titres :

  • les activités illégales empêchent les investisseurs légitimes potentiels d’investir sur ce marché,
  • la suspicion d’activités illégales a conduit certains gouvernements à interdire ou à limiter l’utilisation de ces devises, ce qui empêche la croissance organique du marché,
  • l’absence de réglementation sur ce marché peut à elle seule soutenir la croissance d’activités illégales telles que le “commerce électronique noir” et le financement d’organisations terroristes.

Les conditions et paramètres de l’étude

Les chercheurs se sont appuyés sur des solutions algorithmique permettant un rapprochement entre les flux de transactions sur la blockchain et un panel d’outils permettant de matérialiser l’utilisation illégale de Bitcoin (saisies judiciaires, utilisation sur des plateformes et exchanges connus pour déployer des activités illégales, présence de wallets sur le DarkNet notamment).

L’étude porte sur environ 300 millions de transactions en bitcoin utilisées à des fins commerciales, enregistrées dans près de 465 000 blocs entre 2009 et 2017.

Les enseignements

Au total, environ 6 millions d’utilisateurs ont été répertoriés comme étant impliqués dans des activités illégales, soit 5,9% de tous les utilisateurs. Cependant, leur activité est particulièrement importante et représente environ 30% des transactions Bitcoin.

Dans le cadre d’un examen plus approfondi, les chercheurs ont par ailleurs tenté d’évaluer l’ampleur totale de l’activité illégale. Ils ont ainsi estimé qu’environ un quart de tous les utilisateurs (28 millions) étaient potentiellement impliqués dans des activités illégales, générant la moitié de toutes les transactions du marché. L’ampleur totale de l’activité illégale est ainsi estimée à environ 76 milliards de dollars par an (ce qui est comparable au marché de la drogue américain, estimé à 100 milliards de dollars).

Si ces chiffres paraissent conséquents, la part relative de l’activité illégale dans l’activité totale de Bitcoin a substantiellement évolué.

En 2009, une grande partie de l’activité pouvait être considérée comme illégale, même si l’activité illégale absolue était limitée. 2010 a connu une diminution de la part relative des activités illégales, mais entre 2011 et 2013 on constate une augmentation significative de cette part relative, en partie en raison de l’essor des potentiels commerciaux sur le darknet. Enfin, au cours des deux dernières années, la part relative des utilisateurs illégaux a considérablement diminué, passant de 55 % à environ 25 % de l’ensemble des utilisateurs.

En résumé

Constatant une très nette baisse des activités illégales utilisant Bitcoin ces deux dernières années, les chercheurs mettent en avant deux facteurs principaux :

  • l’entrée des investisseurs financiers traditionnels et des fonds “Crypto”, qui ont commencé à considérer Bitcoin comme un outil d’investissement légitime,
  • le développement d’autres monnaies numériques où le niveau d’anonymat est plus élevé, de sorte que davantage d’activités illégales se sont déplacées vers ces monnaies (telles que Monero (XMR) ou Dash (DASH)).

Les auteurs de cette étude font un constat simple : si Bitcoin apparaît de moins en moins utilisé dans le cadre d’activités illégales (en raison de son anonymat dont tout le monde convient maintenant qu’il est illusoire), une partie du problème s’est simplement déplacée vers des monnaies réellement intraçables, démontrant que les malfaiteurs disposeront quoi qu’il arrive toujours d’une technologie d’avance.

Cependant, les chiffres tendent à le démontrer : les évolutions actuelles, qu’il s’agisse de l’action des régulateurs ou de la prise de conscience globale du secteur sur la nécessité d’apporter des gages de confiance en contrepartie d’une adoption massive, permettent progressivement mais surement à Bitcoin de se débarrasser de sa mauvaise réputation.

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