Les stablecoins en danger : ceux qui pourraient être interdits…et les autres

Il y a quelques jours le FSB (Financial Stability Board) faisait irruption avec pertes et fracas dans les discussions de la communauté crypto. Le sujet de fonds : un rapport de 67 pages concernant les stablecoins (cryptomonnaies stables) dans leur dimension globale (lire “hégémonique”), sous l’angle de la menace que ces actifs numériques d’un genre nouveau pourraient faire peser à la fois sur les équilibres monétaires internationaux, mais également sur les particuliers.


En ligne de mire, encore et toujours le projet Libra de Facebook, mais également quelques stars du secteur des stablecoins, devenues au fil du temps des acteurs majeurs de l’industrie, au point même d’inter-agir profondément avec le cours et la liquidité de Bitcoin.

Convient-il de s’inquiéter ? tous les stablecoins vont-il être interdits et disparaître lundi matin ? Et surtout, ces mesures concerneront-elles TOUTES les monnaies stables ? On fait le point dans l’édition du jour de la Tribune des Stablecoins.

Avertissement Cet article vous est proposé en partenariat avec la société Vera One. Les investissements crypto sont risqués par nature, faites vos propres recherches et n’investissez que dans les limites de vos capacités financières. Cet article ne constitue pas une incitation à l’investissement.

Le Conseil de Stabilité Financière, de l’art d’être à contre-temps

Plutôt obscur et méconnu, en dépit de l’importance de ses recommandations, le Conseil de stabilité financière (CSF) est l’institution du G20 en charge en toile de fonds d’anticiper les menaces de nature à ébranler le système financier mondial, rien de moins.

Financial Stability Board (FSB)

Fondé en 2009, vous ne serez pas plus étonné que ça d’apprendre que cette entité dépend – et est hébergé – pas la BIS (la Banque des Règlement, “la Banque Centrale des Banques Centrales”) et que tout ce petit monde est installé à Bâle en Suisse.

La CSF – autrement nommée FSB (Financial Stability Board) – a pour l’essentiel 3 missions sacrées qui lui sont confiées par tout ce que la planète compte de Banques centrales et de régulateurs financiers et monétaires :

  • mettre le doigt sur les vulnérabilité du système financier
  • Mettre en place des standards en matière de régulation
  • Favoriser les conditions d’une coopération internationale afin d’éviter tout risque systémique global

A ce stade, et si vous découvrez l’engin, il se pourrait que vous vous fassiez la remarque suivante : « Mais c’est génial ! Ces gars sont des centaines, ils sont brillants, ils sont supposés avoir un peu de recul : ce qui est en train de se passer en ce moment, la défaillance globale de l’architecture économique, la crise (pétrolière, écologique, inflationniste…) ils vont en parler et nous sortir un plan imparable ! ».

Oui, mais non. Il se trouve que le plus grand péril sur lequel la FSB a décidé de concentrer ses ressources n’a rien à voir avec l’actuelle surchauffe économique (pourtant globale et systémique), ou encore les sombres perspectives économiques qui se profilent à l’horizon. Non, le FSB a préféré sortir un gros rapport en mode mise en garde concernant….les stablecoins.

Je ne vous fais pas l’injure de vous rappeler ce qu’est un stablecoin, cet excellent article le fera bien mieux que moi. Rappelons simplement qu’il s’agit d’un actif numérique adossé à un actif tangible – le plus souvent une monnaie fiat -, généralement sur un ratio 1:1.

Bon, c’est facile de faire de l’ironie, mais en réalité pour comprendre ce décalage il faut se souvenir de comment fonctionne une grosse machine internationale comme le FSB. Retour en arrière, juin 2019, Facebook vient d’annoncer sa volonté de lancer la Libra (ex-Global Coin) monnaie stable mondiale adossée à un panier de devises.

Hyperventilation du côté des Banques Centrales et des gendarmes financiers de tout poil qui sentent la menace existentielle poindre : une monnaie d’essence privée, globale, qui fera mieux et plus vite que l’ensemble de l’existant. Réunion d’urgence dans la chaleur l’été des grands argentiers du G7 sous le haut patronage de notre bon ministre de l’économie Bruno Lemaire, mise en garde générale et début de ce qu’on appellera l’ère de la régulation transnationale, dans laquelle nous évoluons actuellement.

C’est à cette période que le FSB est chargé de travailler sur cette nouvelle “menace” des stablecoins, dont la Libra est alors l’absolue incarnation. Or, ce genre de mission ne s’exécute pas en 3 semaines lorsqu’il s’agit de produire un rapport sous l’égide de 70 institutions dans 20 pays différents. Pour vous donner une idée de la réactivité de la structure, on parle quand même d’une institution qui n’a reconnu “l’impact potentiel” du changement climatique sur l’économie globale qu’en 2017. Pour trouver moins réactif, il faut probablement aller chercher du côté de la commission pour la révision de l’orthographe de l’Académie Française, pour vous donner une idée.

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Bref, cependant que la commission bachotait et corrigeait des virgules sur ledit rapport, le monde avait le temps de continuer à tourner, de subir un virus d’un tout nouveau genre, d’imprimer des trillions de dollars et d’euros et de traverser une crise économique sans équivalent depuis 1929…

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CSF et stablecoins, une histoire de désamour

On pourrait trouver ironique qu’un organisme comportant “Stabilité” dans son acronyme s’inquiète de la menace que pourrait incarner une devise “stable”, fut-elle cryptographique, pour l’ordre du monde financier.

Je vais vous épargner la lecture du rapport du FSB, premièrement parce que l’ennui durant le confinement ne saurait justifier toutes les dérives, et d’autre part parce que, comme je le soulignais un peu plus haut, un rapport trans-national de ce type s’articulera plus ou moins toujours de la même manière. Ainsi, en substance, le rapport nous apprend que :

  • Les stablecoins représentent une opportunité ils « améliorent l’efficacité de la fourniture de services financiers »
  • MAIS ces monnaies stables pourraient permettre l’essor de réseaux de paiements parallèles
  • EN CONSEQUENCE, les gens pourraient arrêter d’utiliser les banques
  • DONC les stablecoins devraient être réglementés et supervisés
  • ET se voir imposés des cadres de gouvernance clairs, de la transparence pour leurs utilisateurs et des mécanismes de vérification s’agissant de la réalité des réserves garantissant la stabilité des devises.

Près d’une année donc pour accoucher d’un rapport qui rappelle pour l’essentiel ce que la plupart des acteurs de l’industrie appliquent déjà spontanément depuis longtemps.

En réalité, ce travail normatif ne vise pas “les stablecoins”, mais bien deux entités :

  • La Libra de Facebook, soupçonnée depuis sa fondation d’avoir pour ambition de devenir la première monnaie réellement mondiale (sauf qu’entre-deux, Libra a très largement battu en retraite, et ne souhaite même plus être une monnaie).
  • Bitfinex et son USDT, premier stablecoin mondial en terme de volume. Et il est vrai que du côté du leader, il existe quelques raisons de s’inquiéter, dans la mesure ou la transparence n’est pas franchement le mot le plus à la mode dans l’entreprise. Sur celle-ci plane en effet de manière récurrente des doutes, notamment s’agissant du montant des réserves réellement détenues (servant de sous-jacent à la stabilité du USDT donc). A noter que TrueUSD (TUSD) est également mentionné.

La FSB en profite également pour s’inquiéter de tout ce qui touche au stockage de données personnelles et souligne également l’importance de laisser aux juridictions nationales la liberté de légiférer/réglementer sur le sujet (encore une illustration du fait qu’un consensus global aurait été impossible à trouver).

Les stablecoins adossés à de l’or ou des matières premières pas concernés : un boulevard pour VeraOne

Vous l’avez maintenant compris, outre qu’un rapport aussi généraliste et qui se contente d’enfoncer toute une série de portes ouvertes ne risque pas franchement de mettre le secteur à feu et à sang, ce document ne porte en outre que sur les stablecoins collatéralisés sur des monnaies fiat. Autrement dit, tout autre actif numérique adossés à un sous-jacent comme des matières premières ou des métaux précieux n’est pas concerné par le sujet.

Le stablecoin VRO, l’anti-Bitfinex

Dans ce contexte, vous ne serez pas étonné d’apprendre qu’un stablecoin comme VeraOne (VRO), adossé à un collatéral d’or physique, non seulement n’est pas concerné par le sujet, mais mieux encore se positionne de manière encore plus évidente comme une excellente option pour l’investisseur en recherche de diversification de patrimoine.

J’avais qualifié dans un ancien article le VeraOne, “d’anti-Bitfinex” dans la mesure où ce token stable faisait preuve d’une absolue transparence, là où la maison-mere de l’USDT maniait l’art de l’écran de fumée avec brio.

Les évolutions actuelles tendent à me donner raison : content ou pas, il devient impossible de travailler dans le domaine crypto-monétaire sans être parfaitement régulé et, aussi puissants soient-ils, les leaders du secteur devront se plier à ces nouvelles règles du jeu (spoiler : s’agissant de Bitfinex, les choses se passeront dans le sang et les larmes).

Le token stable VeraOne

Pour cette raison, difficile de ne pas se féliciter de voir une initiative française comme VeraOne (groupe aucoffre.com) proposer son fameux stablecoin VRO, dont le succès est de plus en plus net à mesure que le projet se développe (listing sur les plateformes, transactions en hausse constante, communication efficace..).

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Conclusion stable

Ce rapport du FSB aura l’impact d’une fléchette à ventouse fichée entre les yeux d’un rhinoceros : visible, énervant, mais profondément inefficace. Pour autant, il faudrait être aveugle et sourd pour ne pas s’apercevoir qu’au-delà de la problématique des seuls stablecoins, les carcans de la régulation verrouillent de plus en plus le bouillonnant secteur cryto. Il ne m’appartient pas de considérer s’il s’agit d’une bonne ou d’une mauvaise chose. Cependant, si vous désirez investir dans cette classe particulier d’actif, une option française s’offre à vous avec VeraOne, le stablecoin adossé à de l’or physique.

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