• Une citoyenne américaine vient d’être interpellée par le FBI pour vente de drogue sur le Darknet
  • L’intéressée utilisait le site “Wall Street Market” pour proposer héroïne et méthamphétamine
  • la dealeuse quelque peu naïve pensait que l’utilisation d’une messagerie chiffrée et des paiements en Bitcoin (BTC) la placerait hors d’atteinte des autorités
  • problème : personne ne l’avait informé que le Bitcoin est probablement la pire des monnaies pour celui qui cherche anonymat et intraçabilité des transactions

Vendre de la drogue en Bitcoin sur le darknet : une image d’Epinal

« Bitcoin, monnaie des criminel et du blanchiment ». Si l’accusation est récurrente, y compris dans la bouche de personnes réputées aussi bien informées que le Secrétaire US au Trésor, cela fait bien longtemps que tout le monde est supposé savoir qu’une transaction en Bitcoin n’a rien d’anonyme, surtout pas en matière de trafic de drogue, y compris sur le darknet. Elle, sera en effet au mieux pseudonyme, et – contrepartie de la transparence de la blockchain – traçable par défaut, hors utilisation de services dédiés (comme les services de mixage de transaction, tel que le wallet Wasabi).


Darket et Bitcoin ça sonnait bien pourtant

C’est vrai, il est possible qu’à l’époque de SilkRoad, dans les premiers ages de Bitcoin (aka “il y a 5 ans”), Bitcoin ait constitué une option solide pour garantir des transactions discrètes, et encore rien n’est moins sûr.

Ce qui est en revanche certain, c’est que tenter de confirmer la réalité de ce qui constitue encore aujourd’hui le principal argument des adversaires de Bitcoin, c’est risquer de se fracasser sur le mur de la réalité judiciaire. Et c’est ce qui est arrivé à Joanna De Alba notre héroïne (hoho) du jour.

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La dealeuse qui voulait être postière

Selon les termes du communiqué de presse publié le 3 janvier 2020 par le bureau du procureur du district Est de New York, Joanna De Alba (aka “Rapture Reloaded“) aurait promu et vendu de la drogue contre du Bitcoin sur une marketplace du DarkNet baptisée « Wall Street Market », entre juin 2018 et mai 2019.

L’acte d’accusation rappelle les faits, assez classiques, constitutifs d’un bon vieux trafic de drogue à l’ancienne, en mettant particulièrement l’accent sur l’utilisation du DarkNet où trafics en tout genre prospèrent. Le document se fait plus précis, évoquant le mode opératoire de Rapture Reloaded qui proposait un panel de services postaux à rendre Amazon jaloux :

« Les clients étaient invités à la payer en Bitcoin et à la contacter par le biais de services de messagerie et de courrier électronique chiffré. De Alba offrait aux clients la livraison gratuite à des adresses aux États-Unis, et des options de livraison ” furtive ” allant de ” Furtivité de base ” et ” Furtivité améliorée ” à ” Super Furtivité 360 “. Ces options comprenaient des mesures visant à dissimuler l’emballage extérieur et intérieur des stupéfiants illicites pour éviter qu’ils ne soient détectés par les services de répression et à informer les acheteurs si les services de répression avaient intercepté, altéré ou surveillaient l’envoi. »

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A la vie, à la mort

C’est par le biais de ce qu’on appelle dans les milieux spécialisés un “coup d’achat” qu’un agent du FBI a passé commande auprès de Joanna De Alba de cocaïne et de méthamphétamine, en échange de Bitcoin.

Par ailleurs, entre août 2018 et janvier 2019, ce sont cinq colis contenant des comprimés de méthamphétamine et du fentanyl qui ont été expédiés des Pays-Bas et du Canada et adressés au défunt mari de De Alba dans un appartement du sud de la Californie. Plutôt du genre à voir du positif en chaque chose, l’intéressée utilisait en effet l’identité et les cartes de crédit de son défunt mari pour financer son commerce de stupéfiants sur le Wall Street Market.

Si le rapport n’en fait nulle mention, il est vraisemblable que le FBI ait fait appel aux services de sociétés spécialisées dans l’audit et l’analyse de blockchain comme Chainalysis pour retracer les transactions Bitcoin et remonter jusqu’à notre naïve du jour.

La morale de l’histoire ? La drogue, c’est moche, utiliser la carte de crédit de son mari mort, c’est pas jojo non plus, mais surtout, il faut arrêter d’écouter les hommes politiques et autres financiers du vieux monde qui prétendent que Bitcoin est la monnaie idéale du crime !

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Et quitte à trouver un crypto-coupable idéal, Interpol vient tout juste de designer une autre devise électronique bien plus efficace en la matière.