Projet Libra de Facebook : David Marcus prêt à affronter le boss de fin de la crypto : La Chine

Devant les caméras du média suisse RTS, David Marcus évoque en français dans le texte, l’état d’avancement du projet Libra, des difficultés posées par les régulateurs aux malentendus entourant selon lui les ambitions du stablecoin de Facebook.


Après avoir échoué à convaincre sur un certain nombre d’arguments depuis la révélation du projet en juin dernier, David Marcus semble avoir décidé d’asséner un argument massue : Ne pas soutenir la Libra, c’est laisser un boulevard à la future cryptomonnaie chinoise, décrite comme forcément menaçante, hégémonique et mettant en péril le bloc occidental tout entier.

Or, si le constat est vrai et la menace réelle, la Libra est probablement le pire des acteurs pour y faire face

La Libra ne sera pas une monnaie souveraine

C’est du moins ce que rappelle David Marcus  dans le cadre d’une interview pour RTS, en réponse notamment aux inquiétudes de nombreux Etats à travers le monde, mais également à celles des régulateurs de tout poil, du FMI au GAFI (Groupe d’Action Financière)  et à la BRI (Banque des Règlements Internationaux). Tous ces spécialistes en économie se trompent donc, Facebook n’a pas la moindre ambition monétaire en terme de souveraineté en mettant en place une monnaie qui deviendrait dans la seconde et de facto, la devise la plus utilisée mondialement.

Attention, il y a un piège…

Si chacun se fera une opinion sur la question, on conviendra cependant que Marcus soulève un argument pertinent en rappelant que la Libra fonctionnera « en miroir » des devises qui constitueront le sous-jacent (en l’occurrence 5 devises fiat réputées pour leur stabilité).

Autrement dit, la Fondation n’aura pas la possibilité de mener de réelle « politique monétaire », outils demeurant l’apanage des Etats et des Banques Centrales – en tout cas pour le moment.

La riposte de David Marcus, qui arpente les plateaux et multiplie les déclarations ces temps ci, intervient en réaction à l’apparition d’un front supplémentaire ouvert contre le projet sous l’angle de la souveraineté, terrain sur lequel Facebook est suspecté de vouloir concurrencer les Etats traditionnels.

Un peu plus tôt, c’était les vœux pieux d’une meilleure inclusion financière à destination des pays défavorisés dont la sincérité était questionnée, sans compter les inquiétudes plus récentes des organismes nationaux en charge de la protection des données, circonspects sur le fait qu’un acteur aussi peu fiable en la matière que Facebook s’aventure sur le territoire des data financières. 

On soulignera que le CEO de Libra Bertrand Perez, et également en pleine tournée européenne, et on comprend pourquoi vu l’accueil pour le moins glacial réservé au projet sur le vieux continent.

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Mais David Marcus joue maintenant son atout-maître. L’argument qui selon lui reléguera toutes ces inquiétudes inutiles très loin derrière. Un danger autrement plus existentiel pour l’ensemble de l’économie telle que nous la connaissons : Le réveil du dragon Chinois, fort d’une cryptomonnaie hégémonique, prête à s’imposer au monde entier.

La solution pour contrer cette menace qui vient de l’Est ? Libra bien entendu !

Le Pire du Milieu

Le voila ainsi, l’argument final supposé convaincre le monde occidental de la nécessité impérieuse de laisser croître Libra, et même mieux, faire en sorte qu’elle réussisse rapidement, et au-delà de toute espérance, à s’imposer comme un moyen de paiement global et mondial : Contrer la Chine et son crypto-yuan.

Même si plus personne n’ignore que Pékin n’a effectivement jamais été si prêt de la finalisation de sa monnaie numérique, l’argument de David Marcus prête quelque peu à sourire. D’ailleurs, on attend avec impatience les réactions des ministres des Finances du G7 en mode :

« Damn, excellente idée ! Oui, voila, pour contrer cette menace que PERSONNE n’a vu arriver entre les Etats, les organisations internationales et les services de renseignements, pourquoi ne pas confier le job à une boite privée qui n’est même pas sûre que sa monnaie sorte, et qui d’ailleurs dépense beaucoup d’énergie pour démontrer qu’elle ne sera pas vraiment une monnaie ? On vous rappelle, bon retour en Californie ». 

Bon, c’est facile de se moquer, mais David Marcus a malgré tout raison d’attirer l’attention sur les crypto-ambitions chinoises. Notre quasi-compatriote le mentionne d’ailleurs durant son interview : 

« Le Digital Rembini, on pense que c’est un projet pour la Chine, mais le vrai projet et de remplacer le système financier des territoires qui feront partie du One Belt One Road ».

OBOR (One Belt One Road, « La route et la ceinture »), est l’un des intitulés un peu ésotériques du projet chinois des Nouvelles Routes de la Soie.

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L’objectif pour Pékin est de purement et simplement recomposer un Nouvel Ordre Mondial, plus sino-centré. Effectivement dans cette entreprise, une cryptomonnaie unique et hégémonique aura une place de choix (et s’inscrira d’ailleurs dans la sous-catégorie « Routes de la Soie Numérique », mais il s’agit d’un autre sujet dont on aura l’occasion de reparler plus en détail).

En bref, oui la Chine s’apprête à tenter un coup de force économique inédit dont le projet est rien de moins que de remplacer le dollar US en tant que monnaie de change internationale.

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Mais, en dépit de toute la force de conviction de Davis Marcus, il est douteux que la Libra incarne la riposte adaptée à une telle menace dont l’enjeu est rien moins que l’équilibre économique mondial actuel et à venir.

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