Quid du Dollar et du Bitcoin si les Etats-Unis font sécession ?

L’assassinat de George Floyd a plongé les États-Unis d’Amérique dans un état insurrectionnel que l’on avait plus vu depuis l’assassinat de Martin Luther King. Les vieux démons de la guerre civile entre les États-Unis du Nord et les États confédérés du Sud [1861-1865] refont surface. À l’époque, l’élection du président Abraham Lincoln sur un programme d’abolition de l’esclavage avait précipité la guerre de sécession. Il flotte dans l’air comme un sentiment de déjà vu.


Et alors que les commissariats de police et les dépôts Amazon flambent, il est permis de se demander ce qu’il adviendrait du dollar en cas d’effondrement de l’Union ? Le Bitcoin est en embuscade…

The American Civil War : 1861-1865
La guerre civile américaine 1861-1865

7 000 billets de dollar différents…

Avant d’envisager la fin du dollar sur fond d’éclatement de l’Union, faisons d’abord un peu d’Histoire en revenant aux origines de l’institution américaine en charge du dollar: la Federal Reserve (FED).

Au début du XIXe siècle, la conquête de l’Ouest par le chemin de fer et la révolution industrielle alimentaient un formidable boum économique. Le système bancaire était alors bien diffèrent… En ce temps-là, accrochez-vous bien, les milliers de banques américaines imprimaient toutes leurs propres billets ! Il y avait autant de banques que de billets différents et ces bouts de papier devaient être échangés contre de l’or sur demande. Le bon vieux Gold Standard.

Les besoins de financement de ce pays-continent étant gigantesques, les banques n’hésitaient pas à imprimer beaucoup plus de billets qu’elles n’avaient d’or. Ce qui posait régulièrement problème car les Américains n’hésitaient pas non plus à échanger leurs dollars contre du métal jaune dès que ça sentait la faillite…

En ce temps du “véritable argent” (puisque adossé à l’or), les renflouements de banques n’existaient pas. Chaque banque était responsable de ses prêts, ce qui provoquait de grandes paniques bancaires qui secouaient le pays à peu près tous les 15 ans.

Lassés de voir leurs systèmes de réserve fractionnaire (plus de billets que d’or) s’écrouler, les banquiers décidèrent de mettre en place une Banque Centrale. La première vit le jour en 1791 sous l’impulsion du banquier Alexander Hamilton, le premier Secrétaire du Trésor des États-Unis (Ministre des Finances). La « First bank of the United State », qui fut autorisée pour 20 ans seulement.

Hamilton l’avait conçue comme une banque hybride dont le capital appartenait à 80 % aux banquiers privés et à 20 % à l’État. Le capital fut de 10 millions de dollars. Une somme contrastant légèrement avec les 10 000 milliards $ du Bilan de la FED. Tu parles d’inflation…

Vingt ans après la création de cette première banque centrale, l’illustre Thomas Jefferson la ferma. Voici l’une de ses fameuses saillies verbales :

« Afin de préserver notre indépendance, nous ne devons pas laisser nos dirigeants nous lester d’une dette perpétuelle. »

Thomas Jefferson, 3e président des États-Unis (1743-1826)

Les banquiers américains revinrent à la charge mais leur deuxième Banque Centrale sera de nouveau abolie lors de la présidence d’Andrew Jackson, en 1836. Ce dernier brigua un second mandat présidentiel avec le slogan « Jackson and no Bank ». Voilà un slogan politique plus clair que le « Yes we can » d’Obama ou le « Make America Great Again » de qui vous savez…

Les usuriers ne baissèrent pas les bras pour autant. Ils rusèrent en sponsorisant le National Bank Act de 1864 – pendant le chaos de la guerre civile… – qui introduira un seul et même type de billet pour toutes les banques.

En créant un dollar universel, les banquiers neutralisèrent le risque de “bank run” car quel intérêt d’échanger ses dollars contre de l’or si toutes les banques utilisent les mêmes billets ? Grâce à cette sournoise mutualisation du risque, les banquiers se prémunirent contre les faillites récurrentes. Ils pouvaient enfin faire tourner la planche à billet sans vergogne.

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FEDERAL RESERVE

La troisième tentative de créer une banque centrale fut la bonne. L’intrigue se déroula dans le plus grand secret, sur l’île Jekyll, propriété de Mr J. P. Morgan…

En 1910, une poignée de banquiers vont comploter pendant une semaine pour prendre une bonne fois pour toutes le contrôle des finances des États-Unis et mettre en place le système d’esclavage le plus abouti de tous les temps : La Federal Reserve.

Nelson Aldrich, représentant du Parti républicain au Sénat américain, président de la commission monétaire nationale, associé de J. P. Morgan et beau-père de D. Rockefeller Jr, était de la partie. Les journalistes l’appelaient (pas affectueusement) le « boss des États-Unis ». Les Rothschild étaient également représentés par l’entremise de Paul Warburg, le cerveau de l’opération.

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Que du beau monde ! J.P Morgan, Rockefeller, Rothschild… Ces derniers s’enfermèrent toute une semaine durant pour esquisser les contours d’une Banque centrale (d’inspirations allemande et anglaise). Une banque qui agirait comme prêteur en dernier ressort pour permettre l’essor de leur machine infernale d’endettement inflationniste.

« Donnez-moi le contrôle de la monnaie d’une nation et alors, peu m’importe qui fait les lois. »

Déclaration attribuée à Mayer Amschel Rothschild (1743-1812)

En ce qui concerne la gouvernance de la FED, notons que les banquiers ne se donnèrent pas tout de suite le contrôle effectif de la FED. Il ne fallait pas attirer l’attention… Ainsi, sur les 7 gouverneurs, un seul représentait des intérêts des banques privées. Néanmoins, 20 ans plus tard, le système de vote fut amendé afin de permettre aux banquiers privés d’en prendre le contrôle. Le conseil de la FED passa à 12 gouverneurs. 7 nommés par le président des États-Unis et 5 provenant des 12 FED régionales selon un roulement préétabli.

Et qui sont les actionnaires des FED régionales ? Bingo, ce sont les grandes banques privées. Soit dit en passant, la banque Goldman Sachs a fourni un très, très grand nombre d’anciens employés au conseil des gouverneurs de la FED…

Je sais ce que vous vous dites : « Pas de problème puisque la majorité des gouverneurs (7, avec l’accord du Sénat) sont nommés par le président américain. ». Certes, mais il suffit d’un seul président américain corrompu pour que le pouvoir passe de manière quasiment définitive entre les mains des banquiers. La raison étant que les gouverneurs peuvent rester en poste jusqu’à 14 ans et que le président des États-Unis (mandat de 5 ans) ne peut changer qu’un seul gouverneur une fois tous les 2 ans. Le diable se cache dans les détails… Les banquiers ont l’habitude et l’avantage du temps long pour avancer leurs pions…

Pour résumer, la « Federal » Reserve donne l’illusion d’être un organe public géré par le gouvernement américain alors qu’elle n’a rien de « Federal »… Et en se posant comme prêteur en dernier ressort, elle a rendu toutes les banques immortelles (celles qui sont sacrifiées, comme Lheman Brothers, le sont à dessein…).

Conséquence : alors que l’inflation ne fut que de 3 % au cours des 120 premières années d’existence du dollar, elle a été de 2 380 % au cours des cent années suivant la création de la FED.

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« Je suis le plus malheureux des hommes. J’ai, sans le savoir, ruiné mon pays. Un système de crédit a pris le contrôle d’une grande nation industrielle. Notre système de crédit est centralisé. »

Woodrow Wilson, président américain, regrettant son rôle dans la création de la FED

Le Bitcoin et la sécession

Dernière création du Street Art artist @banksy Reuters

C’est faire des plans sur la comète que de parier sur la sécession de certains États sur fond de guerre civile (même si ça y ressemble de plus en plus…). Mais admettons que l’Union se défasse. Quid du dollar ?

Nous pouvons faire un parallèle avec l’Euro. Quid de l’euro si l’Italie ou l’Allemagne claquent la porte ?

La monnaie unique est une créature de Frankenstein faite de pays ayant des industries, des cultures, des langues, des histoires différentes. Cela prendrait tout un article pour expliquer proprement pourquoi l’Euro est voué à l’échec mais, pour faire court, la racine du problème est l’absence de transferts budgétaires entre pays. Il est vain de croire que l’Allemagne acceptera de payer pour la Grèce comme New York paie pour le Dakota du Nord.

Pour le dire autrement, si le Texas décrète son indépendance, ce ne sera pas pour continuer à verser au pot des États moins riches. Si la Zone Euro est au bord de l’implosion, c’est précisément parce que certains pays « profitent » de la monnaie unique pour s’endetter (ils n’ont pas trop le choix en vérité). Donc, si les Texans quittent l’Union, ils adopteront leur propre monnaie.

La Federal Reserve ne survivrait pas à une dislocation des États-Unis et le billet vert non plus. L’empire US vacillerait car ce n’est pas l’exportation de sa « culture » hollywoodienne, les grandes oreilles de la NSA ou ses 700 bases militaires hors de son territoire qui sont sa principale source de pouvoir à l’étranger. Non, son atout maître est bien le pétrodollar et le contrôle du réseau SWIFT (qui noyaute toutes les transactions bancaires internationales).

Terminons en rappelant que le Dollar est la première réserve de change au monde (60 %). Une domination qui s’érode relativement vite puisque la part du dollar dans les réserves de change était de 84 % en 1971. Encore quelque temps et nous serons sous 50 %.. En abandonnant le contrôle financier impérialiste, les États-Unis provoqueraient un trou d’air colossal dans lequel Bitcoin – la réserve de valeur apatride par excellence – pourra s’engouffrer.

Qu’on se le dise, ce qui se passe de l’autre côté de l’Atlantique est un écœurement général face au fascisme capitaliste dans son ensemble. Le lavage de cerveau médiatique pour divertir et diviser ne pouvait pas durer éternellement. La putride idéologie de consommation entretenue par la diffusion en boucle de mirages capitalistes sur les télé-écrans a fait naitre une frustration qui remonte enfin à la surface.

Noire ou blanche, les nouvelles génération se réveillent au chômage, dans un simulacre de démocratie et forcées de rembourser les dettes d’aînés racistes ayant gaspillé tout leur pétrole dans une orgie décadente. Et alors qu’elle apprend lentement que la terre se transforme en étuve, les milliardaires jouent aux astronautes pour aller vivre sur Mars…

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Et on s’étonne ?

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