Un faux site de vente Libra…Sponsorisé par Facebook !

Une fois n’est pas coutume, un article en mode “coup de gueule” avec pour objet l’incontournable Libra de Facebook, que l’on ne présente plus.

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Difficile en effet de manquer la moindre information sur le sujet, tant le succès ou l’échec de ce dernier alimente les conversations, autant au sein de la communauté crypto que derrière les portes capitonnées des QG de Banques Centrales à travers le monde.

Mais l’article rapide du jour ne fera pas écho à une nouvelle rumeur, ou à l’énième déclaration de tel ou tel grand argentier mondial s’inquiétant de la menace représentée par le projet hégémonique du géant social.

Non, aujourd’hui on parle confiance et crédibilité, valeur que Facebook jure mordicus vouloir ériger au Panthéon de ses préoccupations.

Attention, ça va disliker.

La Confiance, nerf de la guerre

En réponse aux multiples inquiétudes en rapport notamment avec les data des utilisateurs et le monitoring des transactions financières, David Marcus, responsable du projet Libra l’a redit encore récemment :

« Vous n’aurez pas à faire confiance à Facebook pour profiter de Libra. »

David Marcus, CEO de Libra, communiqué du 3 juillet 2019

Les crypto-addicts ne tomberont pas de la chaise. Eux savent bien à quel point les Technologies de Registres Distribués (DLT) incarnées par la blockchain permettent de bénéficier de modèles dit “trustless“.

Ces modèles, par leur architecture propre, incitent leurs acteurs à être vertueux à la fois par un système d’incitations, mais également par une mécanique d’équilibre des forces de l’architecture de consensus.

De bien grand mots pour en arriver à un résultat simple : La notion de confiance devient superflue, la blockchain par son design particulier vous déchargeant de cette horrible question métaphysique et universelle : Ne suis-je pas en train de me faire truander par le type d’en face ?

La Libra qui cache la forêt de Facebook

Tout cela est fort élégant et, dans un moment d’égarement, il serait presque envisageable de considérer que la Fondation Libra et le stablecoin du même nom fonctionneront selon un certain nombre de règles, de nature à garantir transparence, équité et – soyons fous – optimisme s’agissant de son indépendance : Libra ne serait pas lié à Facebook et s’offrirait le luxe d’un système trustless fonctionnel, au plus grand bénéfice de ses utilisateurs.

Sauf que c’est profondément faux. La fondation Libra pourra bien faire état de tout les artifices possibles afin de démontrer que l’entité suisse sera complètement indépendante du siege social Californien du géant au pouce bleu, Libra est, et demeurera, la créature de Mark Zuckerberg.

A ce titre, considérer qu’on accorde une confiance aveugle (ou qu’on se passe de confiance, ce qui revient au même) à Libra, implique pour l’heure qu’on accorde le même degré d’abandon vis-à-vis de Facebook… Vous voyez où je veux en venir ?

Comment Facebook fait la promotion d’un faux site de vente de Libra

Tout le monde connaît plus ou moins le fonctionnement du contenu sponsorisé sur Facebook. Il s’agit des petites annonces qui font irruption sans crier gare dans vos fils d’actu pour vous inciter à acquérir sans attendre la dernière inutilité du moment.

Tout, et surtout n’importe quoi est potentiellement mis en avant dans ces pastilles, qui sont supposées régies par des règles strictes disponibles par ici.

En bref, parler cryptomonnaie et blockchain ça passe encore (en levant la main et en demandant l’autorisation), mais les ventes de jetons, c’est niet.

Vu comme ça, ça à l’air assez équilibré, mais dans le fait – et pour avoir eu le privilège de pratiquer l’exerciceun article parlant de crypto sera 9 fois sur 10 retoqué par le réseau social. Le refus, sec et rapide, sera par ailleurs assorti du signe du diable et de poignées de sel balancées par dessus l’épaule : La cryptomonnaie, c’est le mal !

Sauf pour ce genre de publication, là ça passe crème :

A ce stade vous vous dites : “t’es gentil Hellmouth mais à quel moment on peut reprocher à Facebook de faire la promotion de son propre projet ?

Intervention fort à propos ami lecteur ! Cependant, difficile d’avoir échappé au fait que, non seulement la Libra n’est pas encore disponible à la vente mais que, pire encore, il n’est pas exclu que le projet ne voit même jamais le jour.

Alors, qu’est-ce donc que ce site dont Facebook himself assure la promotion via un contenu sponsorisé payant ? Vous l’avez bien évidemment deviné : Il s’agit d’un bon gros site scam des familles comme il en existe malheureusement une multitude dans l’industrie.

Un rapide coup d’œil sur le site spécialisé Scam Advisor achèvera d’ailleurs de vous convaincre :

“Trustless” on vous dit

A noter que pour l’anecdote (et pour ceux qui croirait encore à ce stade qu’il s’agit d’un simple bug dans la matrice), ce n’est pas la première fois que je tombe sur un contenu sponso Facebook qui renvoie à un faux site de vente Libra (je dois avoir un profil de pigeon).

En tant qu’utilisateur responsable et Zuckerbiste convaincu, j’ai bravement signalé le contenu, sans grand résultat, tout en rageant intérieurement sur le fait que ces contenus sont supposés être vérifiés un par un, par de vrais humains, employés par Facebook.

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Serait-il si scandaleux qu’on espère les intéressés équipés du minimum de discernement requis pour être vaguement au courant des projets “Libratariens” (je dépose le copyright au passage) de leur propre employeur ? Ou alors tout ceci est-il une énorme private joke ?

La question à 1000 Libra : Facebook, digne de confiance ?

  • Facebook tente de nous convaincre que la blockchain et les cryptomonnaies représentent l’avenir et qu’il est un acteur de confiance dans l’industrie
  • En parallèle, Facebook fait la chasse au contenu valorisant ladite industrie avec l’absence de subtilité et l’opacité qu’on lui connait, appliquant des règles à géométries variables.
  • En revanche, Facebook fait preuve d’un laxisme improbable en matière de protection de la communauté, en poussant le ridicule jusqu’à promouvoir – et être rémunéré pour cela – une contrefaçon de SON PROPRE PROJET CRYPTO, sans que la moindre alarme ne résonne au QG…

Face aux régulateurs et aux représentants de l’intelligentsia monétaire mondiale, l’entité Libra-Facebook fait face à une levée de boucliers et peine à convaincre. Nul doute que ce genre de révélation ne pourra que conforter ses opposants s’agissant de son incapacité à devenir un acteur de confiance dans une industrie aussi sensible que celle de la Finance.

Facebook France, sollicité n’avait pas encore réagi au moment de la publication de cet article.

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