L’importance des protocoles dans le web 3.0

Aujourd’hui notre utilisation d’internet se résume à la consultation de différentes applications ayant chacune leurs communautés, leurs propres fonctionnement et leurs données centralisées sur leurs bases de données.

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Quelques exceptions existent cependant comme par exemple les e-mails, qui reposent sur un protocole identique sur lequel une multitude d’applications proposent différentes interfaces et fonctionnalités spécifiques.

Aujourd’hui je vous propose de prendre le temps d’étudier ce que sont les protocoles ouverts et la place qu’ils occupent dans notre utilisation d’internet. Ce sera l’occasion également de déterminer comment les services Internet on évolué vers les applications centralisées que nous connaissons et si une seconde transition se profile.

Qu’est-ce qu’un protocole ouvert ?

Internet repose sur l’utilisation de différents protocoles ouverts et libres. Ils ont été originellement développés par des équipes principalement dans le cadre de projets à but non lucratif qui cherchaient fondamentalement à servir les intérêts de la communauté.

Depuis la fin des années 90, rares sont les protocoles qui sont parvenus à être massivement adoptés, jusqu’à la récente émergence des protocoles ouverts liés aux cryptomonnaies. Ces protocoles permettent de créer de la valeur en proposant une incitation économique au profit des utilisateurs et des développeurs de ces derniers. Différentes applications voient ainsi le jour dans leurs réseaux. Mais comment définir un protocole ouvert et quels en sont les critères ?

Un protocole est un ensemble de règles régissant des échanges de données ou des comportements des agents composant le réseau de ce dernier. On pensera aux principaux protocoles utilisés dans le fonctionnement même d’internet et du Web comme TCP/IP ou HTTP, mais également dans le cadre des cryptomonnaies comme Bitcoin. Il existe des protocoles privés comme publics ou ouverts, qui se caractérisent par différents critères et spécificités. Pour être qualifiées d’ouvertes, les spécifications techniques du protocole doivent être publiques et les restrictions quand à l’accès à ce dernier doivent être inexistantes. Enfin chacun doit être en mesure de le reproduire ou de développer des outils utilisant le protocole.

Les deux ères d’Internet

Il est possible de discerner deux périodes depuis la création d’Internet dans les années 80 jusqu’à aujourd’hui, fin de la décennie 2010. Les différents services développés sur Internet étaient originellement construits sur des protocoles ouverts. Les utilisateurs et entreprises pouvaient alors développer leur utilisation et présence sur le Web en utilisant des systèmes transparents immuables. Votre site/blog ne pouvait pas être supprimé de manière arbitraire par une seule entité par exemple.

Il existait de nombreuses alternatives différentes pour certains services comme les moteurs de recherches ou les boites mail. Quelques entreprises centralisées existaient tout de même comme AOL par exemple.

Mais dans le milieu des années 2000, Internet a vu grandir en son sein de grandes sociétés dont les services étaient complètement centralisés. Les règles étaient fixées par ces dernières, pouvaient être modifiées selon leurs bon vouloir et quiconque les refusaient était exclu de ces services sans vraiment d’alternatives. De par leurs simplicités et grâce à une capacité impressionnante à fédérer de larges communautés, ils sont devenus incontournables, et plus encore depuis l’explosion de l’utilisation des smartphones au quotidien.

Aujourd’hui, les services Web reposent toujours sur des protocoles ouverts, mais nous-y accédons désormais par le biais d’applications complètement centralisées. C’est le cas, tant pour les utilisateurs finaux, que pour les entreprises ou organisations qui souhaitent développer leur présence sur Internet. L’époque où un simple blog permettait d’être visible est révolu : il est désormais également indispensable de l’être sur les réseaux sociaux. Or, cette visibilité sur ces derniers dépend intrinsèquement des gestionnaires desdits réseaux et du respect de leurs règles.

Protocoles ouverts contre applications centralisées

Comme je l’ai introduit en début de l’article, pour bien comprendre la différence entre un protocole et une application spécifique il faut prendre en considération les services que nous utilisons en masse et quotidiennement sur Internet. L’objectif n’est pas de dresser un portait complètement négatif d’applications telles que Facebook, Twitter ou Instagram, mais plutôt de trouver des points de comparaisons intéressants.

Reprenons l’exemple des e-mails et des réseaux sociaux, deux types de services utilisés quotidiennement par de nombreux usagers d’Internet.

Les différentes boites e-mail reposent sur des protocoles open source et n’importe quel utilisateur possédant une adresse mail est en mesure d’envoyer et de recevoir des e-mails de la part d’autres utilisateurs, quels que soient leurs types d’adresses.

Il existe deux grands types de services qui sont parfois proposés par les mêmes applications, le prêt d’une adresse spécifique et les fameuses boites mail. En effet pour recevoir et envoyer des mails il faut une adresse, que vous puissiez configurer et héberger vous-même ou utiliser un service tiers parfois gratuit. Concernant le choix de la boite mail, qui n’est finalement qu’une interface au protocole, vous avez une multitude de possibilités. Entre les boites mail propriétaires telles que Gmail et Outlook ou des services open source. Vous disposez donc des choix plus ou moins simples ou coûteux, mais qui ne vous empêcheront pas de communiquer avec ceux qui ont fait des choix différents du vôtre.

Les réseaux sociaux constituent également une pierre angulaire de l’Internet d’aujourd’hui. Centralisés et gratuits pour les utilisateurs, dont le modèle d’affaires est de capter un maximum l’attention de ces derniers afin de vendre leurs interactions à des annonceurs. Les plus grands réseaux sociaux sont devenus des entreprises extrêmement prospères durant la dernière décennie. Mais contrairement aux boites mail reposant sur le protocole SMTP, les réseaux sociaux sont des systèmes complètement fermés. La transition est en conséquence extrêmement difficile pour passer à des protocoles ou applications décentralisées. En effet le coût à payer dans le cadre des mails serait un hébergement ainsi qu’une réduction de l’expérience utilisateur et des fonctionnalités disponibles. Mais la communication avec le reste de la communauté sera toujours possible et vous ne vous retrouvez pas seuls dans votre système ouvert.

Réaliser la transition vers des protocoles ouverts

Il a existé beaucoup d’alternatives à ces applications centralisées, proposant des fonctionnalités similaires ou innovantes de manière plus décentralisée, plus ouvertes. Mais aucune n’a réussi à attirer de grandes communautés et réaliser la transition en tant qu’utilisateur vers ces dernières est très compliqué. En effet la principale proposition de valeurs des géants est leurs communautés et les différents contenus que ces dernières produisent.

Il existe actuellement déjà des protocoles qui pourraient constituer la base de nouvelles applications décentralisées et plus transparentes envers leurs utilisateurs. On citera ActivityHub mais également Mastodonte qui sont des projets s’inscrivant dans cette dynamique. Mais comme nous allons le voir par la suite, il semblerait que ces derniers ne possèdent pas les avantages nécessaires à provoquer une migration massive des plateformes centralisée vers ces protocoles ouverts.

Cependant, les plateformes centralisées font actuellement face à des problématiques extrêmement critiques telles que la gestion du contenu hébergé, mais également l’opacité de leurs algorithmes et la gestion de leurs stratégies publicitaires. Régulièrement pointé du doigt et coutumier des convocations devant le Congrès américain dans le cadre de son proket de stablecoin Libra, Facebook est la cible de vives critiques quant à sa gestion des crises et ne semble pas réussir à réagir, ou tout du moins suffisamment. Verrons-nous là un signe de faiblesse de ces applications qui ne réussissent plus autant qu’avant à modérer leurs contenus et publicité ? Elles devront potentiellement devoir évoluer vers d’autres architectures pour reprendre un contrôle plus sain sur leurs communautés .

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Le récent cas de Bluesky

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Récemment Jack Dorsey, fondateur et gestionnaire du réseau social Twitter a annoncé le financement d’une petite équipe de 5 personnes dédiée à la conception d’un protocole ouvert qui pourrait supporter différents réseaux sociaux : le projet Bluesky. L’objectif est qu’à terme son propre réseau social ne devienne qu’un simple utilisateur de ce protocole et que d’autres acteurs le rejoignent dans le projet. C’est un pari extrêmement intéressant puisque la transition se ferait dans l’autre sens voyant les réseaux sociaux progressivement évoluer vers plus de décentralisation.

Dans un thread exprimant sa décision, Jack explique qu’il voit mal les organisations centralisées réussir à faire face aux difficultés qu’ils rencontrent. Il prend notamment l’exemple des fausses informations circulant sur les réseaux malgré les différentes politiques de vérifications mises en place. Il souligne également que la valeur apportée par ces plateformes ne se constitue plus des contenus qu’elles regroupent mais de leurs algorithmes qui ne cherchent qu’à capter l’attention de leurs utilisateurs. Ces algorithmes sont complètement opaques et il n’existe pas d’alternatives pour le moment.

Enfin Jack Dorsey fait part de son avis concernant la technologie des registres distribués qui pourrait permettre selon lui de nouvelles approches plus intéressantes et viables. Ses expériences avec Square et différentes recherches de la communauté confortent ce point de vue. La communauté a particulièrement bien accueilli la nouvelle et des acteurs comme Firefox se sont portés volontaires pour aider cette initiative.

Voilà pour ce troisième article dédié au Web 3.0 qui commence doucement à se dessiner devant nos yeux. Si vous avez raté les précédents, je vous invite à parcourir celui sur les identités décentralisées, ainsi qu’à la décentralisation des sites internet. Si vous avez des remarques ou des questions, n’hésitez pas à nous en faire part !

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